______________________________________________________________________________________________________________________________________•____________Prologue____________•___________________________________•____________Prologue____________•___________________________________•____________Prologue____________•___________________________________•____________Prologue____________•___________________________________•____________Prologue____________•_____________________________________________________________________________________________________Mikaela, assise dans son grenier, près de la harpe, contre la vieille malle, referme la dernière page de Fruits Basket. Celui qui vient de sortir. L'ultime de la série.
Les pages, s'entrechoquant, font virevolter dans l'air des particules de poussière, dansantes dans le fin rayon de soleil qui caresse la couverture du manga.
On dirait de la magie.
Mikaela illumine son visage d'un sourire. Et décide de faire un voeux.
Qui sait ? Peut-être se réalisera-t-il...
- Je voudrais que les "Douze" soient de vraies personnes...Des personnes que je pourrais rencontrer...
Elle ferme les yeux.
- Mikaela ! A table !
La poussière s'évanouit. Le soleil s'en va, ne laissant qu'une simple illusion de clarté.
Ne sentant plus la chaleur de l'astre sur ses mains, Mikaela ouvre les yeux.
Elle remet le manga dans la vieille malle, fait courir ses doigts sur la harpe, furtivement, puis descends rejoindre sa mère impatiente.
______________________________________________________________________________________________________________________________________•____________Chapitre Un____________•___________________________________•____________Chapitre Un____________•___________________________________•____________Chapitre Un____________•___________________________________•____________Chapitre Un____________•___________________________________•____________Chapitre Un____________•_____________________________________________________________________________________________________David, comme tous les dimanche après-midi, est assis près de l'eau, guitare dans les mains. Il joue de petites ballades, bercé, inspiré par le clapotis argenté de la rivière, orchestralement accompagné par le gazouillis des oiseaux, le bruissement des feuilles, les chorales du vent.
Ses yeux se perdent sur les reflets d'or de l'eau. Un sifflement sournois, juste derrière lui, fait tomber le silence. David cesse de jouer. La rivière est immobile. Le vent ne chante plus. Les feuilles se taisent.
David, prudent, se retourne. Sur le chemin, une belle et grande couleuvre d'une couleur pourpre et or, le regarde fixement, sans ciller, de ses deux prunelles noires et brillantes.
Dressé comme un Cobra qui attaque, le serpent ne semble au contraire ne pas vouloir de mal à David. Elle affiche un air presque intéressé, curieux.
Le garçon pose sa guitare, sans geste brusque. La couleuvre ne bouge pas.
- Tu aimes la musique ? demande David, un peu pour se rassurer, et détendre cette étrange atmosphère.
Il se sent tout de suite idiot. Il est en train de parler à un serpent. Et il s'attend à une réponse, en plus ! Il se serait bien tapé la main sur le front, mais il n'ose pas. Le moindre geste vif, et la couleuvre peut s'abattre sur lui en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire.
Le serpent penche la tête sur le côté, de plus en plus intrigué, les yeux toujours immobiles. Il se rabaisse lentement, et glisse sans bruit vers le jeune homme. Plante ses yeux de perle dans les siens.
S'abat.
Ouvre la bouche.
Et mord.
Kinnie, intriguée par ce magazine de Rock, regarde l'article sur "Nevada Tan" :
<< PLUS DE PEUR QUE DE MAL !
_________________Les Nevada Tan ont collectionné les incidents et accidents, cette semaine !
____En effet : David mordu par un serpent en pleine forêt, la chute de cheval de Linke, l'intoxication à ____la "mort aux rats" de Juri dans un restaurant de Berlin, la brûlure au briquet de Timo, les fauves ____échappés du cirque que Jan et sa famille regardaient en plein Hamburg, le lait caillé qui a servi à
____ faire des yaourts que Franky a mangé...HEUREUSEMENT, tout est bien qui finit bien, les
____garçons ont tous reçus les soins nécessaires et sont actuellement en parfaite santé ! >>
Rick Fontaine.
Kinnie repose le magazine. Son sixième sens méticuleusement aiguisé, elle sent bien une ifime anomalie dans l'atmosphère de Tokyo. Cet article ne le confirme que trop.
La tête dans les nuages, elle traverse la grande allée. Une voiture manque de la renverser. Elle s'excuse, et reprend ses esprits. Elle doit aller chez maître Kazumâ.
Tournant de gauche à droite dans un labyrinthe de maisons, s'enfonçant dans les petites ruelles de la vieille Tokyo, elle ouvre soudain un ancien portail de bois, deux fois plus grand qu'elle, encadré de haies aussi hautes.
Elle entre dans le jardin. Touffu, mais entretenu, il semble hostile à n'importe quel visiteur.
Mais Kinnie s'en fiche. Elle connaît bien cette verdure, pour y avoir appris l'art des Ninjas. C'est, d'ailleurs, comme si les arbres d'écartaient lorsque la jeune fille osait la défier de ses pas.
Derrière deux Itcho massifs et foncés, une belle maison typique du vieux japonais se dresse, surplombant le reste du jardin.
Maître Kazumâ attend déjà dehors.
- Kinnie.
Elle le salue.
- Dis-moi.
Le vieil homme a largement deviné qu'elle a un conseil à lui demander.
- Je pressens quelque chose.
Il hausse les sourcils. Kinnie déglutit.
- Quelque chose...de bestial, ajoute-t-elle.
- Une malédiction ?
- A l'origine. Mais plutôt un rêve éveillé.
Kazumâ réfléchit un instant.
- Demain.
Kinnie acquièce. Elle a saisi : elle repassera le lendemain. Elle aura sa réponse.
*quelques jours avant*
Mikaela descend les escaliers.
- A table, j'ai dit ! appelle sa mère, une nouvelle fois.
- J'arrive ! crie Mikaela.
Elle n'a pas vu que le tapis, devant la dernière marche, est légèrement retourné.
Un accident bête. Elle trébuche. Et sombre.
- Mme Dacosta ?
La mère de Mikaela, les larmes griffant ses joues, se tourne vers le docteur.
- Votre fille est dans le coma. Un coma instable. Pour l'instant, aucune lacune cérébrale n'a été indentifiée, ni repérée. En plus simple : elle est en bonne santé. Mais je suis incapable de vous dire si cet état perdurera, ni même quand est-ce que Mikaela va pouvoir se réveiller. Vous pouvez aller la voir.
Mme Dacosta, silencieuse, entre dans la chambre. Mikaela est allongée sur un lit blanc, immobile. Son cardiographe émet un "bip" léger, régulier, à chaque battement de son coeur.
Mme Dacosta s'effondre au pied du lit, le visage dans ses mains.
Le docteur pince les lèvres, sort de la chambre et referme la porte derrière lui.
*retour au présent*
Bill sort de son appartement. Et, comme à chaque fois depuis quelque semaines, elle est là. Cette jeune fille, comme un ange, vêtue de gris. Ses yeux d'argent cernés de rouge le fixent avec la même intensité, toujours. Son visage de poupée est clair et lisse comme de la porcelaine. De longs et fluides cheveux d'un blanc platiné encadrent ses joues rondes et roses, attachés en une fine natte qui lui tombe sur la taille.
Sa longue robe grise acier lui moule le corps, très mince mais bien fait. Elle est petite, bien que montée sur des talons. Un serre-tête sépare sa tresse de sa frange de côté, aussi pâle que sa peau.
Elle a un petit carnet brun à la main, ouvert. De l'autre, elle tient un stylo-plume en bois, prêt à écrire.
Mais écrire quoi, au juste ? Pourquoi cette jeune fille l'observe-t-elle tous les jours, et prend note de chacun de ses gestes ?
Bill ne peut cependant pas porter plainte contre elle. Elle ne le dérange pas, ne lui parle pas, et ne diffuse pas les informations qu'elle récolte sur lui.
Il sait qu'elle n'est pas une fan, non plus. La fois (une des premières) où il s'était approché d'elle pour lui signer un autographe, elle l'avait repoussé, manquant de le griffer. Elle avait poussé un sifflement hostile, comme un feulement, et avait montré les dents. Des dents si blanches, des canines si aiguisées que Bill avait cru à un vampire. Puis il s'était rassuré en se souvenant que les vampires mourrait au simple contact du jour.
Or, le soleil brillait, et brille encore aujourd'hui.
La jeune fille avait eu ses pupilles devenir aussi fines qu'un fente, aussi perçantes qu'un aiguille.
Bill est parcouru d'un frisson, à l'évocation de ce souvenir.
Il referme la porte de l'immeuble derrière lui. La jeune fille albinos note quelque chose sur son carnet.
Ca commence.
Bill lève les yeux au ciel. Il soupire. Puis prend une grande inspiration.
C'est décidé : aujourd'hui, il va lui parler.____________________________________________________________________________________________________Vos impressions ?
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